Séparation : la pauvreté en plus !  10

Une des premières causes de pauvreté dans notre pays découle des conséquences d’une séparation de couples mariés ou non, surtout dans le chef de la femme avec des enfants à charge.

Ce constat, je le vis à chaque séance du Comité spécial. Des jeunes (ou moins jeunes) femmes désemparées se présentent au service social accompagnées de 2, 3… enfants, se retrouvent avec des dettes de loyers impayés parce que leur unique salaire ne suffit pas à assurer le quotidien en plus du gîte. La situation peut être encore plus grave  : elles ont perdu leur travail ou elles n’ont jamais travaillé et n’ont aucune qualification. Certains pères de famille, le cas est moins fréquent, se retrouvent également dans la même situation.

La séparation peut s’être faite dans de bonnes conditions mais il reste cette évidence : comment assurer deux logements distincts avec tout ce qui s’en suit, en ayant chacun une seule rentrée financière ? Il ne s’agit pas ici de faire un cours de morale. Pour l’Etat, le problème est essentiellement social, cela coûte une fortune aux services sociaux en aides financières, lesquelles ne vont pas résoudre tous les problèmes : ceux des enfants notamment…

Comment aucun responsable de ce pays ne s’est jamais penché sur ce problème ? Il serait peut-être temps de s’y atteler !

Beatrix Marchand-Alaerts,
Conseillère CPAS                                                                                  
                                                                                                                  16.11.16

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CPAS : allocations d’études (2/2)      9 

 

Dans mon article précédent (cliquer ici), j’ai signalé que l’accès au Régime d’Insertion (RI) est conditionné, pour tous les jeunes de 18 à 25 ans, à la signature et au respect du contrat d’intégration ou Projet Individualisé d’Intégration Sociale (PIIS). S’il est étudiant, ce contrat porte, notamment, sur la réussite des études.

Que se passe-t-il en cas d’échec ?

1. Le jeune a décroché en cours d’année, c’est un cas hélas assez fréquent.
Gérer simultanément études et autonomie de vie n’est pas simple, surtout dans le cas d’un jeune issu d’un foyer du Service d’Aide à la Jeunesse (S.A.J.). Du fait d’avoir porté la majorité à 18 ans, il ne reste pas beaucoup de temps pour apprendre à ces jeunes comment gérer un budget, assurer le ménage… Souvent, ils n’ont pas encore acquis le certificat de fin d’études secondaires. Dès lors, les assistantes sociales insistent pour que ces allocataires les préviennent au plus vite afin de pouvoir les recadrer dans leur orientation.

Au CPAS de Waterloo, la priorité est donnée à l’achèvement des études secondaires professionnelles, techniques ou générales : l’obtention du certificat de fin d’études secondaires donne également accès à des formations. Même si le jeune ne poursuit pas des études supérieures, il peut acquérir par ce biais des qualifications qui l’aideront à trouver un emploi, voire à progresser dans une profession.

2. La première année d’études (supérieures ou universitaires) se solde par un échec.
- Il n’existe aucune cote au-dessus de la moyenne.
Certains examens n’ont même pas été présentés ! De plus, l’étudiant n’a pas pris la peine de contacter son assistante de référence pour rendre compte de ses progrès et résultats. Il y a alors rupture de contrat et il risque une sanction sous forme de suspension du versement de ses allocations.
Cette façon d’agir est la manière la plus efficace pour voir l’intéressé revenir rapidement au service social et permettre ainsi une sérieuse remise au point, par exemple, en le poussant à chercher un boulot en attendant d’acquérir un peu de maturité !
- Il y a des échecs, mais de belles réussites.
Tout va se décider au cas par cas après un débat au Comité spécial du CPAS. Dans la prise de décision entrent en ligne de compte des éléments tels que la transition entre enseignement secondaire et supérieur, un choix d’études erroné qui impose une nouvelle orientation, souvent demandée par l’étudiant….
Dans ces cas-ci et d’autres semblables, une seconde chance lui est généralement accordée, sans oublier de mettre dans la balance le fait que certains parents, qui ne peuvent bénéficier pour leurs enfants de ces allocations d’études, font de gros efforts financiers pour assurer leur avenir sans leur donner la possibilité d’un redoublement.

3. L’échec se produit dans le courant du cycle d’études.
Fatigue ? Découragement ? Nouveau débat au sein du Comité, qui dans sa décision de maintien ou non des allocations tient compte des résultats des années précédentes. La politique suivie généralement à Waterloo est de privilégier l’achèvement de la formation entamée, c’est à la fois la solution la plus humaine et la plus économique. Mais il peut être suggéré, quand c’est possible, de terminer les études via des cours du soir et de travailler durant la journée. Cette approche est utilisée essentiellement dans le cas où l’étudiant(e) a dépassé l’âge fatidique de 25 ans.

L’aménagement du job étudiant
 
Une autre condition imposée par le contrat d’intégration aux étudiant(e)s, est d’être disposé à travailler, du moins à temps partiel. Ils (elles) sont donc tenu(e)s de chercher un job étudiant. Des dérogations sont prévues, notamment pour ceux ou celles qui pour des raisons de santé ne sont pas à même de mener de front des études et un travail.

L’étudiant(e) est prévenu(e) au moment de la signature du contrat, il (elle) est donc
prié(e) de se mettre rapidement en chasse pour trouver un job durant un des mois d’été. Les plus fûtés trouvent un travail étudiant pendant l’année. C’est nettement plus malin en cas de deuxième session : les mois de juillet et d’août restent libres pour l’étude et un minimum de détente. Lorsqu’il (elle) a décroché un job, l’étudiant(e) est tenu(e) de prévenir son assistante sociale et de lui remettre ses fiches de salaire.

En conclusion…

Grâce à l'allocation d'études octroyée par le CPAS, tout jeune qui y a droit reçoit une aide vraiment efficace. Elle lui permet non seulement d’entamer ou de poursuivre des études pour obtenir un certificat ou un diplôme et ainsi décrocher plus facilement un emploi mais aussi de bénéficier d’un temps d'études encadré qui pourra l’aider à se préparer à une vie d'adulte autonome.

 

Beatrix Marchand-Alaerts,
Conseillère CPAS                                                         
                                                                                                                       06.09.16

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CPAS :allocations d'études (1/2)   8

Beaucoup de jeunes, devenus majeurs, continuent à être pris financièrement en charge par leurs parents pour pouvoir continuer des études ou suivre une formation. Mais ce n’est malheureusement pas le cas de tous : familles disloquées, manque d’argent, parents qui dépendent déjà du CPAS, enfants sans parents, issus de l’immigration ou qui, du fait de leur majorité, doivent quitter une maison d’accueil du Service d’Aide à la Jeunesse (SAJ), …

Tous ces jeunes-ci doivent, à 18 ans, pouvoir non seulement financer leurs études, mais aussi un logement et leur subsistance… Le CPAS peut leur venir en aide par le biais d’allocations d’études !
Je vous propose de parcourir dans ce premier article les aspects juridiques et techniques de cette allocation ; dans un second article, j’aborderai l’aspect plus pratique en me basant sur l’expérience acquise en la matière au Comité spécial du CPAS, sans évidemment révéler quoi que ce soit des cas y débattus.

Les conditions d’octroi de cette aide dans le cadre du Régime d’Insertion Sociale (R.I.S) 

1. Conditions communes à tout demandeur:

  • résider en Belgique,
  • être majeur(e) (ou mineur(e) émancipé sous certaines conditions),
  • être soit belge, soit ressortissant(e) de l’Union Européenne, soit être inscrit(e) en tant qu’étranger(e) au registre de la population ou être apatride ou réfugié reconnu,
  • ne pas disposer de ressources suffisantes pour vivre dignement, ni pouvoir y prétendre ou se les procurer par ses propres moyens,
  • être disposé(e) à travailler (job étudiant).

2. Conditions particulières en tant qu’étudiant(e) :

  • faire valoir ses droits aux allocations d’études (allocations versées par la Fédération Wallonie-Bruxelles) ;
  • entreprendre, en cas de rupture avec les parents, les démarches nécessaires en vue d’obtenir le versement des allocations familiales et/ou d’une éventuelle pension alimentaire ;
  • être disposé(e) à travailler, du moins une partie du temps, durant les vacances scolaires, une dérogation peut être accordée par le CPAS pour des raisons de santé ou d’autres considérations ;
  • signer un contrat, après validation par le CPAS du projet d’études sur base de critères tels que l’âge du demandeur, les perspectives d’emploi liées aux dites études, la réussite ou non des années antérieures ; dans cette convention, le jeune s’engage à suivre ses études, à faire en sorte de les réussir, à rendre compte de ses progrès…

Notons que le CPAS, où il a élu domicile lors de la demande de l’aide, reste compétent pendant toute la durée des études, même s’il déménage dans une autre commune.

Au-delà des conditions énoncées ci-dessus, c’est l’entretien du jeune avec une assistante sociale qui permettra de dégager la meilleure solution, qui n’est pas toujours de faire des études : s’il n’a, par exemple, pas les acquis nécessaires, accepter un projet d’étude risque de le conduire à un échec, de le décourager et, pour finir, de lui faire perdre entièrement confiance en lui.

Ceci va m’amener, dans le second article, à analyser la gestion concrète de cette aide, à laquelle il est fait appel plus souvent qu’on ne le pense.

Beatrix Marchand-Alaerts,
Conseillère CPAS

                                                                                                                                          05.07.16

 

 

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CPAS – Réfugiés : précisions sur la politique d’accueil à Waterloo       7

Mon dernier article m’a valu beaucoup de courrier : je souhaiterais le prolonger par quelques précisions sur cette politique d’accueil et en particulier sur les logements ILA.

Rappelons que l’État fédéral, par le biais de FEDASIL, s’occupe de répartir les réfugiés entre les différentes communes du Royaume. Leur CPAS assure, sous le contrôle de Fedasil, la gestion logistique des réfugiés qui leur ont été confiés.

Aussi longtemps que leur dossier est à l’examen :
- les réfugiés restent financièrement à charge de l’État fédéral, notamment pour les frais de cours de langue ;
- Fedasil fait prendre en location par les CPAS, des logements appelés logements ILA (Initiative Locale d’Accueil), à 15% en-dessous du prix du marché, pour abriter les réfugiés.

Dès qu’un réfugié voit son dossier accepté par Fedasil :
- il tombe à charge du CPAS le temps de trouver son autonomie, notamment pour continuer les cours de langue et financer les trajets ;
- il doit, avec l’aide du CPAS, trouver un autre logement car il ne peut plus rester dans un logement ILA, d’autres mobiliers…
- …

Or, actuellement, la procédure de régularisation est très rapide, souvent moins de 2 mois ! Ce qui signifie que, très rapidement, les réfugiés vont tomber à charge des CPAS. Situation qui pourrait entraîner des difficultés budgétaires pour certains d’entre eux.

Ce qui se passe au CPAS de notre commune :
- il doit gérer une trentaine de réfugiés, pour qui il a loué une série de logements ILA ;
- après régularisation de leur dossier, les assistantes sociales aident ces personnes à chercher leur logement, une allocation est également attribuée pour leur installation ; 
- le CPAS va prendre en charge les autres frais qui étaient à charge de l’État fédéral : cours de langues, trajets…
Dans mon précédent article, je mentionnais que cette situation est gérable à Waterloo.

L’aide associative et citoyenne
À côté de l'intervention directe du CPAS, différentes asbl collaborent avec son service d’aide sociale. Leur secours est efficace, mais des aides bénévoles pour les épauler ne seraient pas de refus. Si vous souhaitez participer à cette aide, le CPAS vous mettra volontiers en contact avec ces asbl.

 J’espère ainsi avoir pu clairement répondre aux nombreuses questions sur l’accueil des réfugiés à Waterloo. Je reviendrai évidemment sur ce sujet en cas de nouveaux développements et je reste à votre disposition pour d’éventuelles informations supplémentaires.

Je voudrai cependant terminer cet article par une suggestion qui vise les nombreux enfants et adolescents qui se retrouvent seuls, sur ces routes d’exil, aux portes de nos frontières européennes. Ces jeunes risquent d’alimenter des réseaux de prostitution ou sont même en danger de mort…
Si l’Europe refuse les adultes, qu’elle accepte au moins les enfants. La Belgique ne pourrait-elle pas en accueillir ? Pourquoi ne pas les placer dans des familles prêtes à les héberger et pour éviter de longues enquêtes fastidieuses collaborer en ce sens avec les CPAS de nos communes ?
Pensez-y et si vous partagez cette suggestion, contactez-moi pour voir comment faire bouger les choses…

 

Beatrix Marchand-Alaerts
Conseillère CPAS                                                                      23.03.16

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CPAS – Réfugiés, politique d’accueil à Waterloo 6
Vu l’afflux de réfugiés provenant de Syrie, d’Irak ou d’Afghanistan, le gouvernement fédéral a décidé fin 2015 de répartir les demandeurs d’asile entre toutes les communes (CPAS) du Royaume. Même si le CPAS de Waterloo a anticipé leur venue, la communication de son président vers les groupes de volontaires désireux de les aider, n’a pas été optimale.

Dès lors, je voudrai à travers ce court texte déterminer les domaines où ces volontaires peuvent le mieux œuvrer en collaboration avec le CPAS

Rappelons qu’aider ou héberger un demandeur d’asile, sans passer par FEDASIL, n’est pas interdit mais est à déconseiller : il perd le droit à l’aide matérielle et financière octroyée par FEDASIL. Il vaut donc mieux laisser le CPAS gérer cet accueil.

D’après le plan de répartition, Waterloo devrait accueillir 29 demandeurs d’asile. Depuis fin 2015, le CPAS a déjà hébergé 18 personnes réfugiées issues des zones de combats du Moyen- Orient. FEDASIL nous en octroie 11 de plus. Le CPAS avait en effet anticipé le futur plan de répartition. Pratiquement, il y aura prochainement 27 places de logement ouvertes, résultat d’une recherche tous azimuts : paroisses, associations, agences immobilières etc… Toutes les propositions n’ont pu être acceptées : logements mal isolés, demandant trop de travaux, ne convenant pas…

Dans le cadre de ce dossier, une série de nouvelles tâches doivent être assurées par le CPAS :

- La gestion de l’accueil : logement, mobilier, vaisselle, nourriture etc…

- L’insertion des réfugiés :

         a) les enfants sont inscrits dans les écoles de Waterloo, les adolescents sont
             envoyés dans les " classes passerelles " à Bruxelles, pour l’apprentissage du 
            français et la mise à niveau sur le plan scolaire ;

         b) pour les adultes, l’apprentissage de la langue française se fait par les 
             organismes " Lire et Ecrire " ou " Solidarité et Alternatives Nouvelles (SAN)" 
             sis à Braine-l’Alleud, et pour ceux qui maîtrisent déjà mieux la langue,par des   
             cours, pris en charge par la Fédération, à l’Athénée Gatti de Gamont.

- La recherche d’emploi, à condition que le dossier de demande d’asile soit accepté.

Pour faire face à cette nouvelle charge de travail, deux nouvelles assistantes sociales ont été engagées, dont l’une renforcera l’équipe " ILA (Initiative Locale d’Accueil) ".

Ici se pose un nouveau problème pour le CPAS : le logement ILA est réservé aux demandeurs d’asile dont le dossier est à l’étude. Or, les régularisations de dossiers sont actuellement très rapides, ce qui signifie que des demandeurs d’asile, pour la plupart sans ressources, devraient rapidement prendre en charge le gîte et le couvert ; ainsi une famille syrienne arrivée en décembre a vu son dossier régularisé fin janvier et devrait trouver un nouveau logement d’ici 2 mois !

Mais, comment payer un loyer à Waterloo avec un revenu d’intégration et éventuellement des allocations familiales ? Il serait cependant logique de garder ces gens dans la commune où leur dossier est connu, les enfants (éventuels) scolarisés et où la famille commence à y trouver ses marques. Sinon, on risque de voir apparaître de nouveaux ghettos dans des communes hors Brabant wallon, lesquelles sont nettement moins bien loties que Waterloo et d’accroître ainsi les difficultés que leurs CPAS connaissent déjà…

Cette situation nous rappelle qu’il serait grand temps de s’atteler au problème du logement à Waterloo si l’on veut éviter des tensions. A noter, que ce constat vaut aussi pour des personnes issues de notre commune également en attente de logements à des prix raisonnables. Doit-on toujours construire à Waterloo des appartements de luxe ?

Pour revenir à l’accueil des réfugié, concrètement en tant qu’humaniste comment peut-on les aider efficacement ?
Le plus simple est de contacter le CPAS, les écoles… ou des associations telles que Saint Vincent de Paul ou " Mains Tendues "qui ont des contacts réguliers avec le Service social du CPAS. Des services qui peuvent être accomplis par des bénévoles au côté de professionnels de l’aide et de l’accompagnement social ne manquent pas : donner des cours de français, assurer des transports, aider dans des démarches administratives, apporter un soutien scolaire aux enfants etc…

En conclusion, La situation des immigrés à Waterloo est parfaitement gérable tant que des informations claires seront relayées de façon sereine. J’y veillerai.

Beatrix Marchand-Alaerts,

 

Conseillère CPAS                                                                  02.03.2016  

 

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